Un pull en mohair qui dépose des fibres sur le col du manteau ne présente pas de défaut : sa structure le veut ainsi, surtout pendant les premières semaines de port. La fibre est longue, lisse et glissante, donc mal retenue par le fil qui la porte. Cinq gestes de congélation, de brossage, de lavage et de rangement réduisent la perte de façon visible.
- Le mohair a une fibre lisse et glissante qui s’échappe facilement du fil, surtout pendant les premiers portés
- La congélation pendant 12 à 24 heures raidit les fibres et permet de secouer les poils détachés d’un coup
- Un brossage doux avant le port, un lavage minimal à la main et un rangement à plat freinent la mue
- Les zones de friction avec des ceintures ou bandoulières s’éclaircissent en premier et nécessitent une protection
Une fibre glissante, un fil brossé
Le mohair vient de la chèvre angora, pas du lapin.
La laine de mouton est couverte d’écailles qui s’accrochent les unes aux autres, ce qui explique qu’elle feutre. Celles du mohair sont aplaties, d’où son éclat, sa résistance et son toucher soyeux. Mais cette surface lisse retient mal. Dans un tricot au halo vaporeux, le fil est brossé pour libérer des fibres de plusieurs centimètres, et ce sont précisément elles qui s’échappent.
Pour tenir l’ensemble, les fabricants mêlent le mohair à de la polyamide, de la soie ou de la laine, qui forment l’âme du fil. Plus la proportion de mohair est haute et le brossage généreux, plus la perte se remarque, surtout sur les vêtements foncés.
La chèvre angora tire son nom d’Ankara, en Turquie, mais l’Afrique du Sud domine aujourd’hui la production mondiale, devant la Turquie. Sa toison est tondue deux fois par an. Le mohair « kid », issu des jeunes chèvres, est le plus fin et le plus doux, donc souvent choisi pour les pulls.
La perte culmine pendant les premiers portés, puis elle s’apaise.
Cinq gestes pour freiner la mue
Aucune astuce ne supprime la perte : elle recule quand on retire les fibres libres avant le port, puis qu’on évite d’en détacher de nouvelles. Les cinq gestes suivent cet ordre.
Le congélateur ouvre la liste. Le pull plié, glissé dans un sac hermétique, y passe 12 à 24 heures, puis on le secoue énergiquement : le froid raidit les fibres et les poils déjà détachés partent d’un coup. L’effet reste modeste, mais l’opération se répète sans risque avant le premier port et après chaque pic de mue.
Vient ensuite le brossage. Une brosse douce à poils naturels, passée à plat et dans le sens du fil, retire les fibres flottantes avant qu’elles ne se déposent sur les épaules.
Le rouleau adhésif, lui, arrache aussi les fibres encore bien ancrées.
Troisième geste : laver le moins possible. Un pull porté sur un t-shirt se contente d’être aéré à plat entre deux portés, et un à deux lavages par saison suffisent. Quand il le faut, c’est à la main, dans une eau à 30 °C maximum, avec un shampooing doux pour laine, sans frotter ni tordre. L’essorage se fait en roulant le pull dans une serviette, le séchage à plat, loin de tout radiateur.
Le lave-linge reste possible sur un programme laine, à vitesse basse et en filet de protection. La centrifugation et les frottements contre le tambour détachent toutefois bien plus de fibres qu’un bain à la main.
Quatrième geste, protéger les zones de friction. Bretelles de sac à dos, bandoulières et ceintures de sécurité frottent toujours au même endroit, et c’est là que le halo s’éclaircit en premier. Une doublure lisse en satin dans le manteau glisse mieux qu’une laine bouclée.
Cinquième geste, le rangement : plié à plat, jamais sur cintre qui étire la maille, dans un tiroir ou une housse en coton plutôt qu’un sac plastique qui retient l’humidité. Un bloc de cèdre à côté éloigne les mites, qui s’attaquent au mohair comme à toute fibre animale.
Choisir un mohair qui tient
Tous les mohairs ne se valent pas sur ce point. Un tricot dense, aux mailles serrées, retient mieux ses fibres qu’une maille aérée, et un fil peu brossé laisse moins de poils en suspension. Le test se fait en magasin : une paume passée trois fois sur la manche