Comment laver un pull en alpaga : température, lessive et séchage pour éviter le feutrage

Un pull en alpaga se lave à 30 °C maximum, dans une eau tiède, avec une lessive à pH neutre conçue pour la laine, sans frotter ni essorer, puis il sèche à plat. Le feutrage naît de la rencontre entre chaleur, friction et humidité, et il suffit d’en supprimer deux sur trois pour que la fibre reste intacte.

Un pull feutré ne se répare pas.

L’alpaga traîne pourtant une réputation de fibre capricieuse qu’il ne mérite qu’à moitié. Ses écailles sont plus lisses et moins hautes que celles du mérinos, ce qui explique à la fois sa douceur et sa moindre tendance à feutrer. Il contient aussi très peu de lanoline, la cire naturelle des toisons de mouton, et retient donc moins les odeurs que sa cousine ovine.

À retenir
  • L’alpaga se lave à 30 °C maximum avec une lessive à pH neutre sans enzymes protéases
  • Le feutrage résulte de la combinaison entre chaleur, friction et humidité
  • Le séchage à plat pendant 24 à 48 heures est décisif pour éviter la déformation
  • Un lavage tous les 5 à 8 ports suffit, l’aération régulière remplace le lavage fréquent

Laver moins souvent, c’est déjà mieux laver

La meilleure précaution contre le feutrage reste de ne pas mouiller le pull. Une nuit d’aération, étalé sur un étendoir ou le dossier d’une chaise, suffit généralement à effacer une journée de port. Les petites taches partent avec un linge humide tamponné, jamais frotté. Un lavage complet tous les 5 à 8 ports, ou une fois en fin de saison, est un rythme raisonnable.

Le lavage de fin de saison n’est pas négociable : les mites s’attaquent d’abord aux fibres imprégnées de traces de transpiration et de peau, bien avant les pulls propres.

Avant de remplir la bassine, une lecture de l’étiquette s’impose. Beaucoup de tricots « alpaga » contiennent aussi du polyamide, de la soie ou de la laine, et c’est la mention du fabricant qui fait foi. Si elle indique « nettoyage à sec uniquement », comme sur certains modèles doublés ou très structurés, mieux vaut la respecter.

Le lavage à la main, pas à pas

Remplissez une bassine d’eau entre 20 et 30 °C et versez une dose de lessive liquide au pH neutre, spéciale laine et sans enzymes : les protéases, ces enzymes présentes dans de nombreuses lessives classiques, digèrent les fibres protéiques comme l’alpaga. Retournez le pull, plongez-le, puis pressez-le doucement contre le fond sans le tordre. Laissez tremper 10 à 15 minutes.

Le rinçage doit se faire à la même température que le bain.

Un passage brutal du tiède au froid contracte les fibres et favorise le feutrage. Videz, remplissez, pressez, et recommencez deux ou trois fois jusqu’à ce que l’eau soit claire. L’adoucissant est à éviter : il enrobe la fibre, l’alourdit et ne lui apporte rien que sa douceur naturelle n’offre déjà.

Et en machine ?

C’est possible quand l’étiquette l’autorise, avec quelques conditions strictes. Programme laine ou lavage main à 30 °C, essorage limité à 400 tours par minute (ou supprimé), pull retourné dans un filet de lavage. Lavez-le avec un linge léger ou seul, car un tambour chargé de jeans multiplie la friction, et la friction fabrique le feutre.

Préférez toujours une lessive liquide : les poudres se dissolvent mal à basse température et contiennent souvent des agents alcalins qui agressent la fibre. Sortez ensuite le pull dès la fin du cycle, car mouillé, il pèse lourd et se déforme sous son propre poids.

Le séchage, là où tout se joue

Ne tordez jamais un pull en alpaga pour l’essorer. Roulez-le dans une serviette éponge, comme un strudel, et appuyez dessus pour absorber l’excès d’eau. Étendez-le ensuite à plat sur une seconde serviette sèche, à l’abri du soleil direct et loin de tout radiateur.

Le sèche-linge est proscrit, même en cycle délicat.

La fibre est dense et garde l’eau longtemps : comptez 24 à 48 heures de séchage, avec un retournement après quelques heures et un changement de serviette si elle est détrempée. Remodelez à la main les manches, le col et les côtes, en vous aidant du contour tracé sur une feuille avant le lavage si vous voulez être précis. Suspendre le pull sur un cintre ou une corde est la pire option, puisque le poids de l’eau étire les épaules et allonge les manches de façon définitive.

Une fois sec, les petites bouloches se retirent avec un peigne à laine ou une pierre à effilocher, sans rasoir passé trop près du tricot. Rangez ensuite le pull plié, jamais sur cintre, dans un sac en coton respirant plutôt qu’en plastique, qui retient l’humidité et favorise les mites.

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